14/05/2012

Nihil novi sed perseverare diabolicum

Plusieurs cyberlecteurs m'ont témoigné leur perplexité devant le silence récent du blog. Je les remercie pour leur curiosité et leur sollicitude. Hélas, la raison de cette faible activité manque de romanesque.
En effet, ce blog, ouvert aux curieux, aux professionnels de la profession et aux étudiants, participe pleinement de la logique de mon enseignement à l'université du Maine. Afin que la - curieusement - difficile renégociation de ma collaboration avec cette institution puisse se dérouler en toute objectivité, les posts sont actuellement suspendus. Lorsque cette situation instable sera résolue, il est fort probable que ce blog sera prolongé ailleurs sous une autre forme. Dans tous les cas, je ne manquerai pas de vous signaler, quelle qu'elle soit, la fin du suspense.
BF

17/04/2012

A six thés

GLING !.jpgAvant de partir en vacances, vous en reprendrez bien pour six mois de stage d'assistant éditorial chez Hachette Jeunesse ? Bonne nouvelle, nous avons un plan pour vous y conduire. GPSez-vous la vie en cliquant ici.
D'ici là, bonnes vacances mais soyez pas fous, lisez Gling afin que, enfin, votre vie fasse gling.
BF

16/04/2012

L'adulte et l'enfant et la nuit

L'enfant_Couv_MAIL_0.jpg

Le blog part en vacances, l'heureux fripon. Pas avant, néanmoins, de vous avoir signalé que notre chouchou Olivier Balazuc sera ce soir sur France Q pour parler de l'albumisation de son opéra, parue chez Gallimard Jeunesse. Classe, non ? Rens. ici.
BF

15/04/2012

Dans le mille, Émilie !

Émilie.jpgAllez, zou, quatrième épisode de notre "Ring" poly-exploitationnellistique.
La série "Émilie" est diffusée sur France 5, trente-six ans après sa première parution en livres. C'est la seconde fois que les albums sont adaptés à la télé, au bénéfice d'un des grands moteurs de l'industrie pour la jeunesse : la nostalgie parentale.
"Mes livres avaient complètement disparu", témoigne l'auteur dans Métro, 6 avril 2012, p. 22. "Mais de nombreuses femmes qui lisaient Émilie dans leur jeunesse me contactaient pour savoir où les trouver pour leurs enfants." Dix-huit albums ont été repris chez Casterman, dans une version redessinée par "le fils de Domitille, Guillaume". Actuellement, "en coulisse, le merchandising se prépare activement", précise la journaliste. Miam.
Mais bon, perso, je préfère toujours l'autre série de l'auteur, "Naftaline", même si on y croise moins de hérissons...
BF

14/04/2012

Les vacances casuelles

joanne rowling,the casual vacancy

Nous interrompons le cours normal de nos émotions pour signaler qu'il n'y a pas que la jeunesse dans la vie. La preuve par JKR. Rens. ici.
BF

13/04/2012

La calculette HP

HP.jpgTroisième épisode de notre série sur la poly-exploitation : la semaine dernière s'est ouvert le "Warner Bros Studio Tour London" (en fait à Leavesden). Pour visiter les décors des films tirés de la série de livres harrypotteriens, il faut acheter son billet à l'avance (66 euros pour un adulte : mazette, c'est du cossu)... et prévoir quelques milliers d'euros pour s'approvisionner en produits dérivés à la boutique. Rens. ici, avec musique intégrée.
BF

12/04/2012

Des livres de pas que

MM.jpgDeuxième épisode de notre série poly-exploitationnellistique.
Tu rêves de gagner la collec' complète des "Monsieur Madame" ? de gagner des coussins Monsieur Madame, des jeux AbySmile Monsieur Madame, des histoires Monsieur Madame et des mugs Monsieur Madame Anniversaire ? Vite, participe avant le 28 avril au super concours organisé par Hachette Jeunesse Image, et entre dans le monde merveilleux de la brandisation, qui consiste à décliner une marque au maximum - en livres, mais pas que, comme on disait dimanche dernier.
Rens. ici.
BF

11/04/2012

Le Prince des adaptations

PP.png

Ouvrons une séquence poly-exploitation avec le retour de l'exemple canonique de la multimédiatisation des produits pour la jeunesse, id est Le Petit Prince, dont nous analyons le déploiement à 360° (pas la température, l'amplitude) dans le livre le plus indispensable du monde, Les Livres pour la jeunesse entre édition et littérature (Presses Universitaires de Rennes, 2011, 288 p., seulement 15 €, une paille). Bonne analyse de ce nouveau numéro de déclinaison presse d'une multidéclinaison télévisuelle d'un one-shot livresque original, dont des novélisations existent déjà chez Gallimard Jeunesse...
BF

10/04/2012

Un Lyon au ventre creux

LYON.jpgRestons dans l'esprit des "webressources" pour signaler la refonte du site de l'université de Lyon-1 (de l'IUFM, en fait) évoquant la littérature pour la jeunesse. Au moment où nous graffitons ces lignes, les pages intéressantes sont vides, le transfert depuis l'ancien support n'ayant pas été effectué. Mais, à terme, elles visent à rassembler articles, bibliographies et travaux d'étudiants.
Un travail en cours à suivre, donc, en allant découvrir l'avancée de ce chantier, voire en y participant pour les étudiants soucieux, et ils ont raison, de partager, après validation, leurs découvertes et enquêtes universitaires en terrain djeunse.
BF

09/04/2012

Un roman rose si (tarti)gnolle

IR.jpgLe nouveau roman d'Isabelle Rossignol (Elle est si gentille, l'école des loisirs, "Médium", 2012, 152 p., 9,7 €) est arrivé sous les hourrah d'un entourage fan. Sa lecture suscite d'autant plus notre perplexité. Ce produit n'est, à nos yeux, qu'une fiction à l'eau (plate) de rose faiblounette, que l'on aurait à peine suggéré pour un "Toi + moi" ou un "Coeur grenadine", à la grande époque du roman nunuche à passage obligé.
Soit en effet Clarisse. Elle rentre en première. Le jour de la rentrée, quand commence le récit, elle découvre qu'elle est dans la même classe que sa meilleure amie et quasi soeur jumelle Elsa (youpi)... et que celle-ci a flashé pour Julien, le prétentieux beau gosse poète et soit-disant jazzophile. Sauf que Julien a craqué pour Clarisse. Las, Clarisse veut être honnête avec Elsa. Aussi repousse-t-elle le beau gosse. Donc Julien, pas si con, finit par "sortir" avec Elsa. Après en avoir joui, il s'en veut publiquement afin de se taper quand même Clarisse. Ce qui tendrait à démontrer qu'il est moins con qu'insupportable, mais bon. Que l'on se rassure si l'on a eu l'étrange idée de s'inquiéter, tout finira par s'arranger, y compris la relation entre Clarisse et son père, dont la cécité volontaire devant les infidélités de sa femme a fini par faire exploser son couple, ce dont il se repent pour le bien de sa fille, laquelle tente en conséquence de se faire payer un voyage au Brésil, profitant de l'amourachement général pour une chanteuse à la voix trouble. Arrrgh.
Cette caricature de produit girly à l'ancienne qu'est Elle est si gentille détone dans la production de "Médium" et nous laisse tout décontenancé. Plutôt que de tirer à boulets rouges sur les faiblesses patentes (plus posé que "la nullité crasse") de ce texte stéréotypé, bavard, mou, sans imagination ni souffle, dont la médiocrité tenace paraît être la seule qualité au sens de "caractéristique", nous préférons émettre deux hypothèses : ou bien une ironie éditoriale, appuyée sur la fidélité à un auteur multirécidéviste, qui suppute que la publication dans "Médium" d'un méchant "Harlequin" pour ados, sans humour ni trouvaille susceptible d'indiquer une distance salvatrice voire littéraire, est audacieuse ; ou bien une incompréhension totale de notre part. Privilégiant l'une des hypothèses, peut-être pas la seconde, nous préférons laisser ouvert le débat aux cyberlectrices assez curieuses pour se risquer dans cette publication et nous faire part de leurs impressions critiques.
BF

08/04/2012

Les parents (croient que leurs enfants) lisent

IPSOS.pngL'étude Junior Connect' d'Ipsos MediaCT a tranché : les plus gros lecteurs ont entre 7 et 12 ans, selon un sondage mené "auprès de 7000 jeunes de 1 à 19 ans avec l'aide des parents pour les plus petits", rapporte Livres Hebdo n° 894, 27 janvier 2012, p. 59.
En réalité, les parents interviennent plus largement. Selon le protocole affiché par le sondeur, "Junior Connect’ interroge en ligne chaque année 7000 enfants de 1 à 19 ans, représentant une population de près de 15 millions de personnes. Lorsque l’enfant est âgé de moins de 7 ans, ce sont les parents qui répondent ; lorsqu’il est âgé de 8 à 12 ans, l’enfant peut répondre, en présence de ses parents ; au-delà de 12 ans, l’adolescent répond seul." Dès lors, on ne manque pas de noter la coïncidence qui n'en est pas une : à partir du moment où les parents ne répondent plus (pour valoriser leur progéniture ou vanter leur sens de la bonne éducation ?), le taux de gros lecteurs déclarés diminue.
Si l'on assume l'absurdité du biais parental (quel sens y a-t-il à poser une question similaire, du type "combien de livres as-tu lu ?", à un môme de 12 mois et à un grand dadais de 19 ans ?), on obtient les résultats suivants : "Les 7-12 ans sont lecteurs à 92%, avec 4,2 livres lus en moyenne sur les trois derniers mois. Viennent ensuite les 1-6 ans à 89% avec 6,7 livres lus (sic) en moyenne et les 13-19 ans à 74% avec 2,6 livres lus en moyenne. Les parents "continuent d'être présents en incitant les 7-12 ans à lire souvent ou de temps en temps, mais interviennent moins auprès des 13-19 ans."
Plus de détails sur l'enquête en cliquant ici. Pour la synthèse IPSOS sur le marché du livre 2011 (jeunesse en deuxième page), cliquer .
BF

07/04/2012

Tout licence en éveil

LAROUSSE.pngJeunesse, mais pas que : Larousse cherche, pour six mois, un stagiaire qui sera "rattaché" (c'est prometteur) "à la directrice éditoriale en charge des ouvrages du secteur Jeunesse Licences". Candidatez si, "de formation supérieure en édition, vous disposez idéalement d'une première expérience sur l'univers (sic) des licences ainsi que d'un réel attrait pour les livres pour la jeunesse".
Le poste est basé dans le sixième arrondissement parisien : on a vu pire quartier.
Rens. ici.
BF

06/04/2012

Le sexe du livre

B4.jpgFidèle à son intérêt pour le genre, Bordeaux-4, entre Gilles Béhotéguy et Christine Connan-Pintado, lance un appel à contributions sur "Être une fille, être un garçon dans la littérature pour la jeunesse (1970-2012)". La culture construit-elle le genre ? Faut-il purifier les livres pour la jeunesse façon Talents hauts ? Tout élément de réponse argumenté et malin doit être envoyé avant fin mai, pour profération en octobre, selon les modalités stipulées ici.
BF

05/04/2012

Houba houba gling gling

Le nouveau film d'Alain Chabat illustre le charme de la poly-exploitation pour la jeunesse. Le scénario est tiré du Nid du Marsupilami (aventure parue dans Spirou en 1956 et 1960, puis rééditée en 2012 par Dupuis). Le vingt-cinquième album du "Marsupilami" chez Marsu Productions est une bédéisation du film tiré de la bédé. En prime, on peut trouver chez ce même éditeur des ouvrages rapprochant Franquin et Chabat (si) et le livre du tournage. Enfin, pour les gourmands, des novélisations de la marque existent en Bibliothèque rose.
(Liste non exhaustive.)
Bonnes courses à tous.
BF

04/04/2012

La religion à la question

ERLIS.gifLe CRILJ orléanais nous signale qu'un appel à communications est lancé par l'ERLIS, de l'Université de Caen. Objet : un colloque sur le livre de religion et le livre religieux pour l'enfance. On peut examiner les catéchismes et livres de doctrines, mais aussi "les livres de littérature pour l'enfance de contenu religieux". Détails ici.
BF

03/04/2012

Technique la police

AUZOU.gifE.D.I (groupe Auzou) recherche, nous signale Livres Hebdo n° 903, 30 mars 2012, p. 104, un "technicien de fabrication pour renforcer son équipe dédiée à l'édition pour la jeunesse. Anglais professionnel courant exigé. Expérience avec l'Asie souhaitable. Trois à cinq ans d'expérience à un poste similaire. Adresser CV et lettre de motivation ici."
BF

02/04/2012

J'irai coucher sur ta tombe

MP.jpgMartine Pouchain a récemment publié Délinquante (Sarbacane, 68 p., 5 €). Sa troisième nouvelle dans la petite collec. Peu d'espace donc pas vraiment un roman. Une anecdote, et puis c'est marre.
Edna aura bientôt dix-huit ans (plus que moins de trois ans). Elle a deux kifs. Voler, pour s'assurer l'admiration de ses vagues potes et pour s'occuper. Et se faire prendre en tof quand le beau Gustave-à-la-moto le désire. Le désire, parce qu'il a beau la faire poser seins nus sur une tombe, il la désire pas. Il est maqué, et ça a l'air de lui basta, même si c'est compliqué. Alors, un jour où Gugus refuse de dépuceler Edna avec la sauvagitude voire le sauvagisme dont elle rêve, la gamine commet le vol de trop. Savoir si ça se passe bien ou pas après, si ça se finit par une tarte de François-son-père-menuisier ou par un partage de rien donc de bien avec Seb, son copse dont elle arrive pas à tomber amoureuse, faut lire pour savoir.
Les habitués le savent, ici, on pouce en l'air Martine Pouchain. Dans un exercice spécial, on la retrouve telle que de coutume, avec ses mots francisés (le récurrent "ticheurte", cette fois), ses phrases tronquées façon Perceval et Caradoc (par ex. "Gustave était à mille lieues", 26, ou "vaudrait mieux pas que tu remettes les pieds", 58), ses phrases syncopées ("mais là rien, du gaspillage : on vivait au rabais", 30) ses inventions vraisemblables ("j'ai limacé vers la sortie", 41), ses colères joliment balancées ("c'est assommant d'écouter pendant des heures qu'on a tort et pourquoi, quand on sait très bien qu'on a tort et pourquoi", 48), bref, un mélange d'oralité libre et d'écrit inattaquable, jusque dans les doubles négations.
Dès lors, on s'amuse à voir l'auteur conter fleurette aux conventions : y a presque détournement de mineure mais pour trois mois, non, et d'façon il s'passe rien ; y a presque éloge du vol comme passe-temps et anti-dépresseur mais la délinquante est chopée avec classique scène dans le bureau du vigile comme connut sa mère-grand, ce qui la conduit à promettre d'arrêter ; y a presque pédagogie avec enrichissement sémantique explicité ("déréliction", 50), mais ça fait juste une parenthèse comme pour répondre à celle qui présentait le beau gosse, au début - découvrir le kif, découvrir le langage, même procédé.
A l'arrivée, il manque quelque chose pour que le texte s'envole, et c'est bien le principe : nouvelle, c'est, pas roman. Ce manque, cette envie d'en savoir plus, de s'étonner que pas assez, pourquoi couper là, pourquoi n'en faire qu'une nouvelle, cette attente trahie, c'est encore du Pouchain. Avant de lire ou après avoir lu Les Ostrogoths ou La Ballade de Sean Hopper, deux de ses masterpieces, on peut donc se frustrer gaiement en soutenant cette délinquance juvénile.
BF

01/04/2012

Un nouveau tome guette

LP.jpgLes 8-12 ans, nouveau créneau (suite) ? Le Seuil Jeunesse aussi attaque cette cible avec une série anglophone - mais où vont-ils chercher tout ça ? - portant - c'est original - le nom du héros. "Tom Gates", de Liz Pichon, débarque en librairie le 3 mai, avec des campagnes d'affichage boulangerie et de street marketing, ainsi que des outils de PLV (box et stop-pile).
Compter 11 € le volume pour 240 pages présentées comme faisant suite à "Greg et Le Journal d'un dégonflé". Les impatients peuvent retrouver le héros sur son blog, où l'on apprend à ronfler comme un lérot aussi bien qu'à dessiner la vedette.
BF

31/03/2012

Pieds tendres en série

Casterman, Wilma Tenderfoot, Emma KennedyAprès l'offensive "Witty" chez Albin Michel, Casterman attaque les 9-12 ans avec, s'en étonnera-t-on (laveur), une tétralogie anglophone d'Emma Kennedy, intitulée "Wilma Tenderfoot". Cette tétralogie s'ouvre le 4 avril avec L'Énigme des coeurs gelés où Wilma, ex-orpheline, voisine avec un détective qu'elle admire un max. Après l'explosion de la cible ado et avec les mêmes produits-types (anglophonie, série, héroïne d'âge correspondant, etc.), les plus jeunes lecteurs deviendraient-ils le nouveau créneau à guigner ?
BF

30/03/2012

Marche ou rêve

ET.jpgE-Toiles a "remporté le premier Bologna Ragazzi numérique" pour Dans mon rêve, de Stéphane Kiehl, "première application pour iPad de l'entreprise créée par Claire Gervaise, ex de Bayard, annonçait livreshebdo.fr le 19 mars.
En gros, trois bandes à assembler (façon cadavre exquis) permettent de composer huit mille combinaisons, ce qui "laisse place à l'imagination de l'enfant en cassant le schéma traditionnel de la lecture page par page". L'apport du numérique par rapport au papier laisse, une fois de plus, perplexe, mais c'est une bonne occasion de réfléchir sur le sujet. Retrouvez le (très sobre) site officiel de l'é-diteur (ha, ha) ici.
BF